Dida Berku writes to La Presse in response to article on electoral fraud conviction against Charles Lugassy. Berku says that La Presse covered this story is a one-sided manner, perpetuating accusations without checking the facts. Considering that the Quebec Court found Lugassy to be guilty of electoral fraud “beyond a reasonable doubt” and that his statements were “improbable conjectures, outlandish and not supported by the evidence”, Berku says that La Presse should have been more careful in how they presented this piece.
Lettre de Me Dida Berku Conseillère municipale Côte Saint-Luc
20 décembre 2012
Je m’inscris en faux contre l’article de Karim Benessaieh du 19 décembre portant le candidat Lugassy qui fut condamné pour manœuvres électorales frauduleuses commises en 2009 à Cote Saint Luc.
Cette histoire dure déjà depuis plusieurs années et à chaque étape et à chaque occasion qui lui est offerte par les média M. Lugassy profère des accusations de plus en plus malicieuses à l’égard des élus et de l’administration de sa ville. Cette fois ci les accusations vont trop loin et les faussetés sont trop grossières. Il faut les corriger.
M Benessaieh a répété ses fausses accusations à mon égard et à l’égard du Maire et des élus de Cote Saint Luc avec une insouciance telle qui m’oblige de corriger point par point les faussetés gratuites qui y sont faites. Il est inconcevable que le journaliste et votre journal peuvent répéter sans corroboration ni interrogation des parties impliquées, les accusations de la part d’une personne qui vient d’être condamné par la Cour du Québec d’avoir commis une fraude électorale. Je vous souligne que le Tribunal a trouvé M Lugassy coupable « hors de tout doute raisonnable.» d’avoir tenté d’obtenir que Mme Cohen se retire de l’élection en lui offrant un avantage soit de payer pour ses frais électoraux.
Il est clair que votre journaliste n’a même pas lu le jugement car s’il avait lu le jugement il n’aurait jamais pu reprendre les fausses déclarations qui lui ont été avancées par M Lugassy.
On ne peut que conclure que la motivation de votre journal est justement de promouvoir l’hypothèse de M.Lugassy à savoir que le véritable enjeu est «la domination des juifs anglophones ashkénazes» sur la politique municipale dans Côte-Saint-Luc. » Ceci est une fausseté grossière qui ne passe pas le test de la réalité.
M. Benessaieh écarte la condamnation on disant que « la juge Johanne White a essentiellement accordé plus de crédibilité au témoignage de Mme Cohen-Peillon qu’a celui de M. Lugassy ». Mais c’est bien plus que cela.
La Cour du Québec a entendu 6 témoins et a rendu un jugement détaillé de 26 pages dans laquelle Mme la Juge relate les faits et la preuve qui l’ont amené a trouvé l’accusé coupable d’une infraction pénale «hors de tout doute raisonnable ». Il ne s’agit pas du tout comme le prétend M. Benessaieh d’accorder plus de crédibilité à l’un qu’à l’autre, mais plutôt d’appliquer des règles strictes de preuve en matière criminelle. Mme La Juge conclue en disant que « le Tribunal considère que le Directeur général des élections s’est déchargé de son fardeau de preuve. » Elle qualifie au par. 94 de son jugement que la version des faits de M. Lugassy est « invraisemblable, truffée de conjectures farfelues et nullement supportée par la preuve. »… Elle continue au par. 95 « Le Tribunal considère que la version du défendeur ne soulève aucun doute raisonnable quant à l’infraction qui lui est reprochée. » et au par. 109 « Le Tribunal ne croit pas que le Directeur général des élections s’amuserait à entreprendre des poursuites pénales pour assouvir les désirs de vengeance d’une candidate défaite. » Il ne s’agit pas d’une infraction qui a été prise à la légère comme semble impliquée l’article du journal.
A l’appui de sa thèse que la politique est une chasse gardée des ashkénazes anglophones à Côte-Saint-Luc, M Lugassy indique « qu’il a reçu des menaces et de l’intimidation. On se serait cru au goulag, en Sibérie .» Est –ce les élus du conseil qui lui on fait ses menaces ou toute la communauté ashkénaze anglophone de Cote Saint Luc ? Ces remarques sont absolument comme dit Mme La Juge « invraisemblable, truffée de conjectures farfelus et nullement supportés par la preuve… » Il s’agit d’accusations gratuites et malicieuses à l’égard des élus de notre ville qui n’ont pas leur place dans votre journal sans corroboration ou commentaire de notre part.
M. Lugassy allègue que la communauté sépharade représenterait 40% de la communauté juive à Cote Saint Luc, Cette statistique ne tient pas la route. Encore c’est de la conjecture. Selon les dernières statistiques disponibles, en 2001, sur une population totale de 19,785 juifs à Côte Saint-Luc il y avait environ 4,285 sépharades soit 21.7 % de la population de confession juive. Mais peu importe le nombre, les élus de Côte Saint-Luc sont la pour représenter tous les citoyens pas seulement un groupe linguistique ou religieux comme semble vouloir le faire M Lugassy.
« Pour la première fois en 30 ans, la communauté sépharade francophone m’a demandé de me présenter » M Lugassy n’est pas le premier candidat sépharade à se présenter dans les élections de Côte Saint-Luc. En 2006 Mme Aline Malka qui travaillait pour le bureau du maire de Montréal pendant la fusion s’est présentée à l’élection et dans les années 90’s il y avait M Charles Barchechat qui est un homme d’affaires et journaliste. Tous les citoyens de la ville sont invités à s’impliquer dans la démocratie locale. Et tous les élus parlent le français bien que notre ville soit une ville bilingue reconnue par la loi.
« Ils se sont tous ligués contre moi, du maire jusqu’au greffier de la Ville. Il accuse ce dernier de s’être acharné contre lui, notamment en menant, à titre de président d’élections, cinq enquêtes sur sa candidature après la campagne de 2009. » Le greffier de la ville agit comme président de l’élection mais n’a absolument pas de pouvoir d’enquêtes suite aux plaintes portées selon la Loi. D’ailleurs Mme la Juge White en dit autant dans son jugement lorsqu’elle expose au par 17 ce qui suit : « Elle ( Mme Cohen ) a appelé à plusieurs reprises l’avocat de la ville pour lui faire part de la situation, mais cela ne relève pas de sa responsabilité. Elle ne se souvient pas si elle a porté plainte au Directeur général des élections durant la campagne, donc, avant le 1er novembre 2009. ». Le greffier de Côte Saint-Luc qui agissait comme président d’élections n’a pas mené des enquêtes et n’a pas porté plaintes. Toutes les accusations relèvent du Directeur Général des Élections du Québec. Faut il croire maintenant que le Directeur Général des Élections du Québec est au service des « ashkénazes anglophones »?
« Ils veulent envoyer un message au prochain sépharade qui va vouloir se présenter en 2013: la politique est une chasse gardée des ashkénazes anglophones à Côte-Saint-Luc.»
En tant que conseillère municipale depuis 1990, avocate et membre respectée de la communauté Montréalaise, je considère ces accusations non- fondées et très insultantes à notre intégrité et serment d’office. Maire et conseillers nous sommes tous élus pour représenter tous les résidants et non pas seulement les membres d’une communauté linguistique ou religieuse comme semble vouloir le faire M. Lugassy.
Nous avons une harmonie totale à Cote Saint Luc représentant nombreux groupes d’origines diverses ethniques et linguistiques, incluant les personnes d’origine italienne, russe, philippine, irlandais, iranien et israélien. Nous avons une harmonie totale, nous travaillons ensemble, nous jouons aux sports ensemble, fréquentons les mêmes écoles et célébrons les fêtes et la culture en harmonie.
Le conseil est dédié à servir toute la population et tout le monde est libre de participer aux réunions du conseil et participer à la démocratie locale. Jamais depuis que je suis élue ai-je vu M Lugassy s’intéressait aux affaires de la ville. Jamais est il venu à une réunion du conseil pour poser une question. La politique municipale est une politique locale et il faut s’impliquer pour réussir lors d’une élection.
En conclusion le ton de cet article et la façon cavalière que le journaliste a simplement repris les fausses accusations de M Lugassy sont très inquiétant. Dans le contexte actuel ou nous vivons à Côte Saint-Luc anglais, français et allophones de toutes origines et religion ensemble et en harmonie, il est inconcevable que vous faites passer un message si mesquin qui ne fait qu’alimenter les querelles du passé et les comportements d’une autre époque.
Il est d’autant plus incroyable que vous acceptez de reproduire ce contenu sans interroger ni le Directeur Général des Elections, ni la plaignante, ni le maire et les élus de la ville. Le tout uniquement dans le but de promouvoir une manchette sensationnaliste sans mérite ou fondement.
Quand allez vous arrêter d’alimenter l’animosité envers les « anglophones » et la haine envers les « ashkénazes juifs » ? Vous réveillez des querelles qui sont déjà dépassées depuis longtemps et qui ne méritent pas l’attention que vous leur portez, le tout sans vérifier les faits et sans souci pour la vérité.
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