Sara Champagne
La Presse
Le samedi 05 mai 2007

Les policiers de Montréal ont besoin de renforts. La Fraternité des policiers de Montréal, qui a présenté un mémoire cette semaine à des audiences sur une réforme des services, estime que le modèle de police de quartier est «dysfonctionnel» parce qu’il manque d’effectifs.

Le président du syndicat des 4400 policiers, Yves Francoeur, explique que les policiers de quartier ont «la langue à terre». Selon lui, il faudrait 500 policiers de plus à Montréal, avec un budget additionnel de 50 millions, pour vraiment bien servir la population.

Le projet de réforme des services de police présenté par la Ville de Montréal, jeudi soir, prévoit réduire de 39 à 32 le nombre de postes de quartier, et transférer 200 policiers sur le terrain. Un projet qui devrait être soumis au vote des élus de l’agglomération de Montréal d’ici l’automne.

M. Francoeur salue le projet de réforme même s’il n’est pas parfait. Mais il prévient que l’élastique a été tiré au maximum, et qu’il faudra aller plus loin dans la transformation des services policiers.

«Les gangs de rue et la montée de la menace terroriste ont changé les besoins en matière d’intervention au cours des dernières années, dit M. Francoeur. Nos patrouilleurs ne sont souvent que six par quart de travail dans les postes de quartier. C’est suffisant pour un accident mortel avec un périmètre de sécurité, mais ça devient problématique quand une autre urgence survient en même temps.»

Fermeture dénoncée

Plusieurs citoyens ont par ailleurs lancé un cri du coeur au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), lors des audiences, pour que le poste de quartier 9 soit sauvé de la réforme. Ce poste, qui emploie 45 policiers, dessert Côte-Saint-Luc, Hampstead et Montréal-Ouest. Il est prévu de le fermer et de jumeler ses effectifs avec ceux d’un autre poste.

Le responsable de la sécurité publique au comité exécutif de la Ville de Montréal, Claude Dauphin, est d’accord pour trouver une solution. Mais il prévient que les policiers ne poussent pas dans les arbres. «Dans un monde idéal, c’est certain qu’on aurait plus d’effectifs, explique M. Dauphin. Sauf que dans le contexte budgétaire actuel, il serait irresponsable de la part de la Ville de Montréal d’augmenter le budget ou les effectifs. Je peux quand même assurer qu’on va s’asseoir et trouver une solution pour répondre aux demandes des gens concernés par la fermeture du poste de quartier 9.»

Selon un sondage effectué par la Fraternité, l’an dernier, trois policiers sur quatre estimaient que «le modèle de police actuel ne leur permet pas d’effectuer leur travail le mieux possible». Seulement un agent sur deux se disait satisfait de la qualité des services rendus aux Montréalais.

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