Les immigrants ne sont pas les bienvenus ici

Mitchell Brownstein, Avocat en immigration et Conseiller Municipal de la Ville de Côte Saint-Luc

La Presse, 25 septembre 2013

Le conseiller Mitchell Brownstein

Le conseiller Mitchell Brownstein

Je suis avocat exerçant le droit de l’immigration depuis 1990. Récemment, je représente des clients dans leurs réclamations pour congédiement injustifié. La Charte des valeurs québécois proposé est une agression flagrante aux droits fondamentaux. Dans une province avec une telle richesse et diversité des communautés ethniques, je ne peux croire qu’une telle chose pourrait être acceptée comme loi. Le gouvernement du Parti québécois envoie un message insidieux que certaines personnes ne sont pas souhaitées. En tant que Québécois responsables, nous avons le devoir de nous opposer et de faire connaitre à tous les citoyens les dangers d’une telle proposition.

Des avocats de notre firme ont participé a des missions d’affaires avec le gouvernement du Québec (Équipe Canada et Missions Équipe Québec) et ont observé nos gouvernements provinciaux, qu’ils soient Libéral ou Parti québécois, promouvant le Québec comme étant une communauté multiculturelle qui accueille les personnes du monde entier. Ainsi, elle leur offre la possibilité de devenir membres à part entière de notre société, tout en conservant leurs croyances religieuses et leur culture. Le paradoxe est qu’après une telle sollicitation et un tel encouragement, le gouvernement Marois décide que ces mêmes personnes ne sont pas les bienvenues.

Plusieurs de nos clients, qui ont choisi le Québec comme patrie, portent le hijab, le turban, la kippa, des croix ornementales et autres symboles religieux. Ils sont médecins, avocats, enseignants, ingénieurs, gens d’affaires, étudiants, et viennent ici avec le plus grand désir de contribuer à la société québécoise. Ils travaillent dans les secteurs privés et publics et ont choisi Montréal comme lieu qu’ils pensaient, les accueillerait comme membres à part entière de la société, y compris leur droit à la liberté religieuse.

Si cette Charte entre en vigueur, les personnes qui travaillent dans le secteur public comme les enseignants, les infirmières, les médecins et autres professions seront incités à soit renoncer de porter leur habit religieux ou culturel ou bien de démissionner. Les Québécois ne devraient pas avoir à choisir entre leurs croyances religieuses et leur bien-être économique. En Droit du travail, c’est ce qu’on appelle un congédiement déguisé. En vertu du droit existant, un congédiement déguisé confère à l’individu les mêmes droits et recours contre ses employeurs qu’un licenciement injustifié, puisque les changements dans les conditions d’emploi, forçant l’individu à quitter, équivalent à un congédiement. Cet argument est celui que le Gouvernement Fédéral devrait utiliser pour illustrer la nature inconstitutionnelle de ce projet de la Charte des valeurs québécois. Si ce projet devait entrer dans la loi, elle va clairement violer les droits religieux de l’individu tels qu’ils sont garantis par la Charte Canadienne des Droits et des Libertés.

En tant que Conseiller Municipal de la Ville de Côte Saint-Luc, je suis très fier de faire partie d’un conseil dirigé par le Maire Anthony Housefather, où nous parlons toujours à voix haute dans le but de protéger les droits des minorités individuelles.

Mitchell Brownstein est Directeur Adjoint au cabinet d’avocats Brownstein, Brownstein et Associés, spécialisé en immigration et en droit du licenciement injustifié. Il est également Conseiller Municipal pour la Ville de Côte Saint-Luc.